La nuit dernière, Milwaukee a réussi le petit exploit de battre l’épouvantail San Antonio, sur ses terres texanes et avec la manière ! Cette belle victoire confirme, s’il en était besoin, tout le potentiel accordé à cette jeune et talentueuse équipe, homogène et très bien construite, et coachée de main de maître par Jason Kidd. Mais au-delà de la performance collective, c’est la performance d’un homme que je voudrais mettre en exergue. Celle de Michael Beasley et ses 28 points !

Régulièrement, la ligue accueille ces joueurs qui portent, avec leur immense talent, l’espoir d’une carrière longue et honorable, mais qui compromettent vite leur dessein professionnel en se fourvoyant de diverses manières. Aujourd’hui, on parle de Michael Beasley, Anthony Bennett ou Lance Stephenson, comme on parlait de Richard Dumas dans les 90’s ou de Shawn Kemp il y a une quinzaine d’années par exemple. La drogue, l’ego, la nonchalance à l’entraînement, le surpoids etc… Des joueurs qui passent du statut de pépite à l’avenir brillant au rang de paria dont aucun staff ne veut dans son roster. Michael Beasley est de ceux-là.

Drafté par Miami en seconde position en 2008 derrière D-Rose et All-rookie first team en 2009 (fort de ses 14 pts de moyenne), il va connaître par la suite moult péripéties, des hauts comme des bas. Il quitte dans un premier temps Miami pour faire de la place au Big Three, entre dans le top 20 des meilleurs scoreurs l’année suivante aux côtés de Kevin Love à Minnesota, quitte le nord et signe un contrat long avec Phoenix, et là c’est le drame ! Coupé par les Suns pour possession de marijuana, il va alors commencer sa traversée du désert. Il resigne finalement avec le Heat pour la deuxième partie de la saison 2014, va faire une pige dans le championnat Chinois, signe une nouvelle fois l’année suivante à Miami (où il est adoubé par Dwayne Wade et LeBron James himself) qui ne le conserve pas, repart donc pour la Chine où il casse la baraque, et atterrit fin 2016 à Houston !

Aux Rockets, il fait littéralement des étincelles en sortie de banc, malgré un temps de jeu modeste, avec quelques cartons bien sentis ! Il y est même précieux pour la qualification in extremis en playoffs. Malgré cela, il est envoyé à Milwaukee dans l’échange avec Tyler Ennis, faisant les frais de l’arrivée de coach D’Antoni et de son système de jeu basé sur le shoot à 3 points.

Le décor est planté. Et au vu du CV de l’animal, on aurait pu imaginer une nouvelle saison galère, remisé au bout du banc par Kidd et servant essentiellement de faire-valoir à l’entraînement pour Antetokounmpo et Parker. Mais il n’en est rien, et il semble même que Beasley ait les faveurs de son entraîneur.

Combo-forward racé et gaucher mais totalement ambidextre (une plaie pour les défenseurs !), pur scoreur mais que la bataille du rebond ne rebute pas, très technique comme en attestent ses deux spin moves sur Danny Green et Manu Ginobili, Beasley colle parfaitement au basket moderne prôné par Kidd et en vogue en NBA. Actuellement, il tourne à 9 pts 3.4 rbs et 1 ass en seulement 16 minutes, mais ce qui frappe (notamment depuis l’année dernière) c’est son efficacité. Il shoote à 52% de réussite, dont un très propre 48% à 3 pts, et ramenées sur 36 minutes, ses statistiques montent à 20 pts 7 rbs 2 ass théoriques, et même 25 pts 10 rbs avec les Rockets !

Michael Beasley a toujours attaqué avec aisance et facilité, apportant beaucoup d’énergie dans la second unit. Mais cette saison, il semblerait que le Beasley nouveau soit arrivé. La nouveauté c’est qu’il est parfaitement intégré à sa nouvelle équipe, qu’il joue de manière régulière, sixième homme attitré en charge de suppléer les deux All-stars en puissance cités plus haut. Son contrat actuel n’est que d’1.4 M et il sera unrestricted free agent à la fin de la saison, donc sa situation reste pour le moins précaire.

Mais surtout, B-Easy a enfin trouvé un point de chute, et moi j’aime ça !