S’il est bien une équipe qui déçoit en ce début de saison c’est Minnesota. Mais si certaines déçoivent par leur position au classement, à Minny c’est la manière qui se remarque. Car au-delà des espoirs de playoffs de commentateurs enthousiastes, on attendait plus de la part d’une équipe dont le talent n’a d’égal que sa jeunesse. On attendait du rythme, de l’intensité physique en défense et du volume en attaque… bref, on attendait de la folie !
Mais force est de constater qu’à un bon tiers de la saison désormais, l’heure est au questionnement et au doute plutôt qu’à l’excitation. Avec les malabars Dieng et Towns dans la raquette, et les chiens fous Wiggins LaVine et Rubio en périphérie, il y a là un 5 majeur ultra athlétique qui, même s’il était dépourvu du talent qu’il possède indéniablement, devrait poser des problèmes à n’importe quelle attaque de la ligue. Contres, interceptions, rotations rapides et transitions létales devraient être l’apanage des loups du nord.
17è aux contres, 21è aux interceptions, 22è aux fautes commises, 26è au nombre de points laissés sur des deuxièmes chances ou 28è aux rebonds défensifs… la défense est littéralement aux abois ! Pourtant, la venue en grande pompe (et gros chèque) d’un maître en la matière tel que Tom Thibodeau laissait légitimement entrevoir de très belles perspectives. Malgré les problèmes de fautes ou le manque de concentration que tout un chacun voyait poindre, compte tenu de la fougue et du manque d’expérience général des cadres de l’équipe, son association avec un roster aussi dynamique était la promesse d’une progression indiscutable, passant par une défense toujours accrocheuse… Chou blanc.
Mais après tout, qu’est-ce qu’une défense approximative au regard d’une attaque flamboyante ? Les 2 derniers ROY, un dunkeur fou, un passeur génial, voilà un cocktail détonnant synonyme d’orgies « jamesques », de pick’n’rolls léchés, de coupes au panier et autres backdoors survitaminés faisant lever les gradins ! Que nenni…
Malheureusement, l’attaque est calquée sur la défense. Lente, statique et peu inspirée. Passer-couper-équilibrer, pour quoi faire ? Faire des écrans à l’opposé pour démarquer les shooteurs et glisser vers le cercle, trop sophistiqué ! Non, le plus simple est encore d’alterner entre isolation pour Towns et… isolation pour Wiggins. Quelques picks pour LaVine ou Rubio, qui n’est plus aujourd’hui que l’ombre de ce qu’il était en 2014. Et puis plus rien.
Certes, Towns est monstrueux ! Technique, adroit, puissant et véloce à la fois, il fait déjà partie de l’élite et l’avenir lui appartient. Oui, Wiggins a un potentiel immense, fort défenseur sur l’homme et il possède les appuis d’un danseur ! C’est vrai, LaVine est ultra rapide et bon shooteur, et sa détente prodigieuse fait de lui un redoutable finisseur ! Mais finalement les points de Minnesota viennent de là, du talent individuel des 3 derniers cités. Pas les victoires.
Quid des remplaçants alors ? ils ne jouent tout simplement pas ! Coach Thibodeau fait jouer le 5 plus que de raison, même si certains cumulent parfois les mauvais choix (c’est pas Sam Mitchell qui me contredirait) et la second unit doit se contenter des miettes… Shabazz Muhammad essaie tant bien que mal de tirer son épingle du jeu mais les modestes 16 minutes dont il bénéficie ne sont pas assez. Pourtant, son impact en pénétration et son dévouement au rebond font beaucoup de bien, et il représente l’étincelle qui vient du banc, mais qui n’allume pas grand chose. Dans un contexte où les playoffs semblent bien trop loin désormais, ça ressemble à du gâchis.
Gageons que les progrès des Wolves la saison prochaine seront spectaculaires !